Wednesday, 22 July 2015

PRISON


Prison
Tout seul sur ce lit pourri et vieux que ce bâtiment, je constate perpétuellement le passage du temps. Le ciel qui était noir plus que du charbon se transforme à un tissu transparent de la couleur vert, ensuite à une toile voile avec quelques taches blanche que forment les nuages ici et là. Le monde qui dormait quelques instant avant commence à bourdonner comme-ci un méchant a dérangé les abeilles. Les rues vides s’emplissent des animaux à deux pas et les autres bêtes s’en enfuient. Le matin de la plupart des femmes débute avec le pleur des bébés. Ils jouent le rôle du réveille-matin. Etrangement, chaque enfant ouvre ses yeux à une heure fixe, sans avoir la connaissance du temps. Je me demande ce qui se passe si un jour cet enfant décide aussi de modifier sa routine un petit peu ? C’est bien de revenir au sujet.
La chaleur du soleil montre son effet : les gens disparaissent petit à petit comme les feuilles de l’arbre en printemps. Les rayons du soleil produisent le mirage dans la noirceur des rues donnant une illusion que ce n’est pas une rue mais plutôt un ruisseau où ruissellent les petits diamants. Les commerçants ferment les volets de leur magasin, se cachent derrière les murs et attendent l’atténuation de la colère de dieu Helios. Je constate tout comme un spectateur sans y participer. Je regarde tout le monde mais personne ne me jette un coup d’œil. Je suis enfermé dans une prison dont la porte n’ouvre jamais. La seule fenêtre est barrée et enveloppée d’une couche invisible qui ne laisse aucun son à sortir dehors. J’entends tout mais ma voix fébrile ne tombe pas sur une seule oreille.
Avec le mouvement des aiguilles dans la cloche, le soleil fraye son chemin du retour dans l’horizon, Encore la même foule couvre chaque partie de la rue, de terre, de jardin, de bord de lac, sur le pont, sous le pont, partout où pourrait vagabonder mes yeux et mon imagination. Même mon esprit, me semble-t-il, d’être surpeuplé par ces gens réels ou imaginaires je n’ai aucune idée. J’attends désespérément la clôture de ce spectacle quotidien par la nuit sombre et affreuse. Elle, ma vie, est vraiment trop bizarre. Ce qu’aiment les autres, la foule, la cohue, le brouhaha, me dégoûte. Ce qui hante le reste me rend calme et tranquille. Suis-je différent de vous et des autres, et si oui alors pourquoi ? La rencontre avec quelqu’un, la touche d’autrui m’affecte. Qu’est-ce qui m’empêche de rejoindre ces gens-là, de sourire avec eux ou de leur parler ? Sois je suis trop idéaliste cherchant un homme sensible dans le monde d’aujourd’hui sois le monde est tellement parfait et structuré qu’un être intrus comme moi n’y a pas de place. Par conséquent, la tranquillité et la solitude qui règne le monde la nuit m’aide à sortir de cette prison. C’est le seul temps quand personne ne vous surveille, ne fait commentaire, ne rit ni pleure. C’est le seul moment les hommes parfaits dorment laissant la chance à ceux non-chanceux d’aller et de capturer cette rue qui est hors de notre portée pendant la journée. Peut-être c’est pour cette raison que la nuit ou le noir a eu toujours une valeur pour les hommes non-sociaux comme moi. L’enveloppe noire de la nuit nous permet de rester mystérieux tandis que le jour nous rend nu face au monde. Les voleurs, les bandits, les politiciens tous aiment la nuit.

Moi aussi, je me profite de cette solitude. La porte de la prison s’ouvre automatiquement après deux heures de la nuit. J’enfile un pull troué, met les chaussures usées, des gants décolorés et finalement porte une écharpe afin de me protéger ou me donner la satisfaction de les porter. C’est très rare qu’un être humain soit content de sa vie, il est toujours en mouvement. La stabilité, la permanence, la grandeur, tous ces traits s’absentent dans l’homme. L’oscillation de son âme entre ce qu’il a et ce qui lui manque le rend instable et faible. Dans tous les textes sacrés, on a parlé da la primauté de la satisfaction mais personne ne réussit à rester longtemps dans cette situation. L’argent, l’or, la gloire, la femme rien ne pourrait calmer son soif. Comme la lave jaillit de la coûte terrestre, ses désirs, ses passions giclent et engouent l’individu. Ainsi juste pour assouvir mes désirs je me suis enveloppé de tous ces « bijoux ». Je m’approche au seuil de la porte, cette porte qui ne me laisse jamais sortir de cette prison. Je vois un autre monde dehors de cette porte gigantesque et noire. Rien n’est autant noir que cette porte, même pas le ciel illuminé par la lune et les millions des étoiles. Quand je mets le premier pas hors du seuil, un vent glacial frappe mon visage. Je me frisonne et la tentation de rentrer et de m’enfermer dans cette prison dilate. Mais j’essaye de l’apaiser. Peut-être, la nature voulait me gifler pour la négliger. Or, la vérité est que maintes fois je voulais effondrer les murs de prison, trancher cette porte gigantesque en petites morceaux mais hélas je n’suis jamais arrivé à les faire pendant la journée. Au contraire, avec la couche du soleil, le cadenas de la porte tombe et la porte s’ouvre. La chaleur qui augmente dans ma cellule me pousse à en sortir. Je vagabonde tout seul dans cette rue qui pendant le jour restet hors de mon accès. Elle n’est pas uniforme mais plutôt constituée des parcelles de lumière et d’obscurité. Les lampadaires illuminent certaines parties de la rue et laissent les restes en obscurité.